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Portrait de la semaine : Dr. David Bouillon

Découvrez chaque semaine un nouvel enseignant ! Dr. David Bouillon, nommé Professeur HET-PRO en Théologie pratique et spiritualité, nous livre son portrait.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle David Bouillon. Né en Belgique en 1969, j’y ai passé toute ma jeunesse. Mes parents étaient très engagés avec le mouvement du renouveau charismatique en Belgique et en France, et c’est dans ce milieu que j’ai grandi spirituellement.

Après mon diplôme en philosophie (1991) j’ai bénéficié d’une bourse pour étudier une année à l’université hébraïque de Jérusalem. Attiré par la théologie mais ne souhaitant pas devenir pasteur, je me suis inscrit à la faculté de théologie de Strasbourg pour y obtenir un DEA en Ancien Testament (1996).

Après quelques mois de réflexion, j’ai décidé de faire un stage pastoral dans l’Eglise Protestante Unie de Belgique. Assez vite je me suis rendu compte que le ministère pastoral me plaisait et que si j’acceptais la vocation c’était pour répondre à l’appel de Dieu. Suite à cela, j’ai été appelé par une paroisse de Bruxelles caractérisée par de nombreuses nationalités, en particulier africaines. Dans cette ville, je me suis engagé dans le dialogue œcuménique, ainsi que dans la pastorale évangélique qui a été l’origine de plusieurs projets d’envergure.

C’est pendant ces années que le Seigneur a mis sur ma route Myriam, qui allait devenir mon épouse en 2002. Notre première fille, Maayan, est née en 2004, suivie en 2006 par sa sœur Elianna et enfin en 2012 par le petit Jéhiel.

Engagé depuis l’âge de 17 ans dans la communauté de l’Union de prière, je suis devenu permanent du mouvement en 2003. Durant l’été 2004, nous avons donc déménagé en Ardèche, où la paroisse réformée de Saint-Laurent-du-Pape m’avait aussi proposé de servir comme pasteur.

Dans le cadre de mon travail pour l’Union de prière j’ai classé et numérisé les archives de son fondateur, le pasteur Louis Dallière (1897-1976). En 2011, le père Peter Hocken m’a suggéré de prolonger ce travail sur les archives par un doctorat sur la pensée du pasteur Dallière. J’ai eu le soutien du professeur André Birmelé (Faculté de Strasbourg) pour ce projet et il devrait aboutir avant l’été 2017.

Je suis aussi un passionné du prophète Jonas car comme lui il m’a fallu du temps avant de répondre à l’appel de Dieu. Et comme j’ai un tempérament de collectionneur, j’ai accumulé sur ce prophète un nombre assez étonnant de livre et d’objets divers (gravures, jeux de société, timbres, disques, sculptures, bijoux…). Une des salles paroissiales a même été transformée un petit musée Jonas ! J’espère pouvoir l’emmener en Suisse…

Quelle vision conduit votre vie personnelle ?

A l’âge de 17 ans, j’ai choisi comme devise :

D’un pôle à l’autre en longeant l’Équateur.

Cela peut sembler paradoxal, mais exprime ce qui est au cœur de mes convictions et de mes engagements.

L’Équateur, c’est la nécessité de suivre une ligne claire, de choisir la base sur laquelle orienter sa vie. Pour moi, cet Équateur, c’est Jésus, le Christ. Son Évangile vient confirmer tout ce qu’Israël avait aussi reçu de Dieu et qui a été mis par écrit dans les Écritures. En même temps, on peut voyager d’un pôle à l’autre car le Seigneur qui sauve est aussi le Dieu qui crée et met de la diversité dans son œuvre. Mon expérience de l’Église en est le reflet.

Personnellement, je vis sans difficulté le fait de m’inscrire dans un héritage réformé, de partager ma foi comme les évangéliques, de prier aussi bien comme les charismatiques que dans un cadre plus liturgique.

La rencontre des chrétientés non-européennes élargit aussi mon expression de la foi. Elle me rappelle que Dieu nous rejoint dans toutes les dimensions de notre être et que la foi n’est pas qu’un processus cérébral. Ayant eu la chance de rencontrer des chrétiens formidables issus de toutes les Églises, il m’a toujours semblé important de construire des ponts entre les personnes et de faire en sorte que le meilleur de chacun puisse être mis au service des autres.

Pour cela, il faut être capable d’entrer dans la culture des autres, de comprendre leur langage, leur histoire et aussi de savoir reformuler cela dans le langage et la culture d’autres personnes qui ne les connaissent pas.

La diversité des dons et des appels n’implique cependant pas un pluralisme où tout serait mis sur un pied d’égalité. C’est un défi constant dans une société post-moderne que de maintenir aussi ce que la Réforme a appelé les Soli (Sola fide, sola gratia, sola scriptura, solus Christus, soli Deo gloria). En cette année du 500e anniversaire de la Réforme, il ne faut pas craindre de rappeler que l’élan de Luther et des autres Réformateurs après lui était aussi de retrouver une plus grande fidélité à l’Évangile.

Quelle place donnez-vous aux besoins concrets de l’Église et de la société dans votre théologie ? 

Le défi que chaque Église et chaque fidèle reçoit du Seigneur, c’est d’entrer dans la moisson et d’annoncer la Bonne Nouvelle. Le pasteur Hartnagel commentant le récit de la femme atteinte d’une perte de sang soulignait que tous ses efforts et tout l’argent investi pour être guérie et retrouver place dans la société s’étaient avérés inutiles jusqu’à ce qu’en dernier recours elle vienne toucher les franges du vêtement de Jésus (Luc 8.40-48). Il transposait ce récit à la situation de nos vieilles Églises d’Europe :

Nos Églises aussi perdent leur vie, elles sont marginalisées et tous les conseils et stratégies qu’elles sollicitent de ceux qui sont supposés savoir n’y changent rien. Il faut « toucher » Jésus ; laisser la puissance qui agit en lui, l’Esprit-Saint, apporter la vie à ce qui est prêt de mourir.

Cette femme désespérée et pourtant pleine de foi, ce sont aussi nos contemporains. Par mes rencontres avec un grand nombre de personnes en dehors de nos églises, il m’est apparu que beaucoup d’hommes et de femmes sont bien plus ouverts à tout ce qui est spirituel que nous ne le supposons. Peut-être est-ce l’absence d’une authentique spiritualité qui éloigne tant de personnes de nos communautés, y compris les enfants et petits-enfants de nos membres ?

Trop souvent la prière, le silence, l’écoute de la Parole de Dieu, le partage fraternel sont comme atrophiés. Nous subissons de plein fouet cette culture du divertissement qui accapare notre temps et nos disponibilités. Il semble qu’un défi de notre société, c’est de réorganiser les priorités de nos vies.

Le Soli Deo Gloria ne nous invite-t-il pas à chercher d’abord les priorités du Royaume : aimer Dieu et notre prochain. Les aimer en leur donnant du temps, de l’attention, de la bienveillance ! C’est à une réappropriation de la fraternité que nous sommes invités en revenant à Jésus, Celui qui tous nous réunit pour nous révéler le cœur de son Père.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a motivé à postuler à la HET-PRO ?

Depuis longtemps, les personnes qui me connaissent m’encourageaient à développer la dimension d’enseignement de mon ministère. Ces dernières années, de nombreuses occasions me furent données de la faire en tant qu’orateur et enseignant dans divers lieux de la francophonie. Le fait d’entreprendre un doctorat en 2011 me permettait aussi d’envisager à terme la possibilité d’enseigner sur un plan plus académique. Mais ma propre expérience de la théologie à l’université me laissait perplexe.

Je regrettais que trop souvent les facultés de théologie réformées en privilégiant légitimement la dimension de recherche et l’intégration dans le monde universitaire aient mis de côté la dimension de formation aux ministères. Pendant mes études, plusieurs professeurs revendiquaient le fait qu’ils ne formaient pas des pasteurs. C’était comme si la foi et la vocation qui pourtant conduisaient la plupart des étudiants vers les facultés de théologie, devait une fois franchi leurs portes, être mises entre parenthèse. Autant que je puisse en juger, la vision d’une Haute Ecole entend répondre à ce besoin de renouer avec ce qui existait autrefois dans les séminaires protestants de théologie : une préparation intellectuelle et spirituelle à l’exercice du ministère, et cela dès la première année de cursus.

Ce qui m’intéresse aussi dans la HET-PRO, c’est la possibilité de faire cheminer ensemble des étudiants issus de la diversité du monde protestant et évangélique. Aujourd’hui, la grande majorité des Églises locales sont composées de membres issus des divers horizons de la grande famille protestante. Mais au niveau des facultés de théologie francophones les marquages identitaires restent forts.

Il me semble qu’il y a urgence à proposer des lieux où la rencontre et l’échange sont possibles, d’autant plus que les prises de position « novatrices » de plusieurs églises de la réforme aboutissent à renforcer les crispations avec les autres branches du protestantisme.

Pourquoi cette chaire ? Que pensez-vous pouvoir y apporter de spécifique ?

Ce que j’espère apporter, c’est une approche apaisée mais stimulante de l’exercice de nos ministères en ce début du 21e siècle.

Le 20e siècle a été celui où Dieu a fait bouger les lignes. Il a permis que nos Églises perdent leur position de force dans les sociétés occidentales mais en même temps il a conduit de nombreux chrétiens à un profond renouveau de leur foi. Les murs qui avaient été dressés entre nos Eglises sont peu à peu tombés et une meilleure collaboration est devenue possible.

Songeons aux fruits de la Déclaration de Lausanne (1974), aux résultats de la concorde de Leuenberg. Une communauté comme Taizé (si liée à celle de Grandchamp) a permis à des dizaines de milliers de jeunes de renouer avec la foi. Les parcours Alpha, nés dans une paroisse anglicane de Londres, sont désormais mis en œuvre par l’ensemble des Églises chrétiennes dans le monde.

Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de votre nomination ? Comment envisagez-vous cette nouvelle étape de vie ?

J’ai été bien sûr très heureux de la confiance qui m’était témoignée en me proposant de rejoindre la HET-PRO. Pour notre famille c’est aussi l’invitation à une nouvelle aventure. Mais comme Belge nous aimons le chocolat et comme Français nous apprécions les bons fromages. La Suisse a l’avantage d’offrir les deux. Malgré tout il y a aussi de l’appréhension.

On ne passe pas du plat pays aux hautes montagnes sans être gagné par le vertige !

Pour notre famille ce sera l’adaptation à une nouvelle culture, à un autre type de scolarité. C’est aussi un pas de foi car ce poste n’est rémunéré qu’à mi-temps et pour faire vivre une famille nous devrons compter sur la fidélité du Seigneur (et d’un solide réseau d’amis). Mais nous y avons été bien préparés pendant notre temps sabbatique à Jérusalem en 2013-2014. Quand on répond à Son appel, Dieu connait nos besoins et y pourvoit. O

 

Communauté de l’Union de prière de Charme sur Rhône : www.uniondepriere.fr.
Cette communauté a aussi une branche en Suisse.

1er Forum Chrétien Francophone à Lyon

Le Professeur de la HET-PRO David Bouillon nous parle du 1er Forum Chrétien Francophone auquel il a participé du 28 au 31 octobre 2018. L’idée forte du Forum qui a déjà connu trois sessions au niveau mondial, est de faire se rencontrer dans un cadre non-institutionnel des représentants des Eglises historiques (catholique, orthodoxe, anglicane et luthéro-réformée) avec un nombre égal de délégués des églises évangéliques, pentecôtistes et charismatiques.

Un nouveau partenariat

Depuis la rentrée académique de septembre 2018, la HET-PRO a mis sur pieds un partenariat avec les Groupes Bibliques des Écoles et Universités (GBEU). Nous avons décidé de poser quelques questions au Secrétaire général des GBEU Colin Donaldson.

Conférence identité

Lors d’une conférence intitulée « L’identité humaine, une affaire de neurones ? », la médecin-cheffe Stéphanie Clarke (prof. UNIL) et le théologien Jean Decorvet ont proposé un éclairage chrétien sur l’identité humaine dans un dialogue fécond entre sciences et théologie.

L’Église, à la croisée des cultures

Comment les églises suisses et issues de la migration peuvent-elles intégrer les aspects multiculturels sans renier leur culture ?

Eclairage sur les défis multiculturels de l’Église et proposition de pistes pratiques

    Informations pour les candidats ne résidant pas en Suisse

    Règlement d'admissions pour candidats ne résidant pas en suisse

    Nous encourageons l’ensemble des candidats à suivre une formation dans leur pays ou sur leur continent, puisque nous demandons qu’un candidat ait au moins accompli une année dans un Institut biblique, avant de commencer une formation à l’Institut Biblique et Missionnaire Emmaüs.

    Pays hors-espace Schengen

    Nos autorités politiques exigent des candidats aux études provenant d’un Etat tiers:

    • qu’ils aient moins de 30 ans
    • qu’ils soient en mesure de financer eux-mêmes et par avance la totalité des frais de leur 1ère année académique (9 mois)

    La Confédération Helvétique (Suisse) considère que la totalité des frais d’une année académique inclut:

    • l’écolage
    • les loyers
    • les permis de séjours
    • les différentes assurances (obligatoires)
    • la nourriture
    • les vêtements
    • et tout ce qui peut être nécessaire au suivi d’une formation

    Cela représente au minimum la somme d’environ 25’000.- Francs Suisses (CHF) pour neuf mois en vivant de manière très simple et économe. Il s’agit là d’un budget estimatif.

    Cette somme de 25’000 CHF représente par exemple:

    • 26’000 $ US
    • 134’400 Pesos argentins
    • 164’800 Yuans chinois
    • 2’820’000 Leks albanais
    • 13’000’000 Francs CFA

    Si cette somme ne peut pas être versée d’avance, aucune attestation ne peut être délivrée et par conséquence aucun VISA non plus. Il est impératif de prendre contact premièrement avec la représentation Suisse de votre pays (Ambassade, Consulat), dont vous pouvez trouver les coordonnées à l’aide du lien ci-dessous, afin de vous informer sur les différentes exigences liées à l’obtention d’un visa étudiant.

    http://www.eda.admin.ch/eda/fr/home/reps.html

    Conditions d'admission

    Tout candidat doit répondre aux exigences suivantes :

    Culture générale
    Maturité pro ou équivalent (maturité gymnasiale, diplôme de culture générale, etc.)
    Pour les plus de 25 ans : démontrer un niveau de culture générale équivalent à une Maturité pro.

     Expérience pratique (hormis les étudiants en Cursus Découverte et Certificat en Culture Biblique et Chrétienne)
    15 semaines équivalent plein temps, dont au minimum :
    6 semaines en continu dans une Église ou ONG chrétienne
    4 semaines dans un autre type de structure

    Aptitudes personnelles
    Dossier de candidature
    Entretien individuel

    Règlement d’admission (PDF)

    Informations personnelles

    * Champs obligatoires

    Choix de la formation

    * Champs obligatoires

    Formule souhaitée*

    Formation souhaitée*

    Bachelor - Orientation souhaitée*

    Année désirée pour commencer la formation